Anne Cécile vient d'arriver, à Tashkent

Uzbekistan L’Ouzbékistan dans une coquille de noix

Vacances !

Après avoir été rejoint par Anne-Cécile, je me suis mis en mode vacances !
Première chose, je n’étais plus tout seul, et non plus seulement avec des rencontres éphémères; mais avec une amie.

Après deux mois en demi de voyage, voire de vagabondage, je reconnectais avec ma vie d’avant. J’ai d’un seul coup eu l’impression d’un nouveau départ en vacances. Comme si on était parti ensemble de Paris, à la seule différence que j’étais déjà calé sur l’heure locale, et adapté à la chaleur… et pas défoncé par le vol, arrivé en pleine nuit!

J’avais pris une chambre à la Guesthouse Gulnara à Tashkent, et attendu AC jusqu’à 2/3 heures du matin, et nous avons fini la nuit à papoter, pour se coucher au petit matin.

Nous étions sur la même longueur d’onde: parler à tout le monde dans les guesthouses, traîner au petit déjeuner jusqu’à midi, profiter tranquillement, lentement, des vacances et du dépaysement. Des balades, des visites, des photos, des rencontres, des jeux, des glaces, des bières, de la papote. Surtout pas de speed, on est pas pressé, on verra se qu’on aura le temps de voir… : “Ah! Déjà 10h? Trop tard pour prendre le bus, on va se réserver le train pour demain, et on reste encore une nuit de plus… – Ouais, cool, tranquille quoi!”

En deux semaines, on a donc juste eu le temps de faire Tashkent, Samarkand, Sharisabz, Bukhara, Nurata, Sentyab (in the mountains near lake Aydar). Khiva, la mer d’Aral, trop loin, la vallée de Fergana, peu accessible. Ce fut donc un excellent voyage. Et plutôt que de vous raconter ce que tout le monde a fait, ou de vous montrer les photos que vous avez vues cent fois, on va vous raconter nos petits délires, et les trucs rigolos qu’on a remarqués…

Le tapis sans teint

Les tapis sont souvent utilisés comme décoration murale. Mais Anne-Cécile et moi, on a remarqué qu’ils pouvaient le plus souvent camouflé une porte ou une fenêtre. On a donc déduit qu’on pouvait être observé à travers le tapis… bref un tapis sans teint, quoi! Dans la photo, à part moi qui fait l’idiot sur le pieu, on peut observer un mirroir avec teint, et un tapis sans, dissimulant une porte vitrée donnant sur le dortoir…

Le perchoir ouzbek

On a constaté une manière très répandue qu’ont les locaux de s’asseoir sans s’asseoir dans la rue. Une pratique découlant certainement de l’interdiction de s’asseoir dans la rue. Les ouzbeks (homme ou femme) s’accroupissent en pliant les genoux au maximum, adoptant une position qui rappelle celle de la grosse commission dans les bois, mais aussi celle d’un oiseau perché sur sa branche. Nos balades tournaient donc parfois à l’expédition ornithologique: “oh regarde, un beau spécimen perché!”

« Mister! »

Se faire sifflé, rappeler à l’ordre, ou interpellé par un flic fut chose courante pendant tout notre voyage. Mais même si c’était Anne-Cé qui faisait un pas de travers, c’est toujours le mister qu’on interpelle et à qui on parle… On a donc maintes fois entendu “Mister, ticket!”, surtout quand on fraudait sur les sites touristiques…!

Villes désertes

Avec notre rythme, à glander le matin, on se retrouvait à se balader en ville l’après midi, quand il fait bien chaud. Malgré nos bonnes résolutions de décoller plus tôt le matin, cela n’a jamais été possible. On visitait donc les villes désertées par la population locale à cause de la chaleur accablante. On ne croisait donc plus que les flics, les femmes jardinières, et les balayeuses…

Le coup de balais ouzbek

C’est une grande curiosité, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord pour le balais lui même, un faisceau de branches ou de paille, sans manche, et trop court pour être manipulé dans une posture droite et confortable. Le manche n’a pas encore été inventé en Ouzbékistan, et c’est quelque chose que j’ai aussi constaté en Azerbaïdjan (mais dans le cas précis de ce pays, le manche a bien été inventé, mais se trouve plutôt dans le cul des autochtones plutôt que sur le balais). La balayeuse est donc pliée en deux, quelque soit son âge. Cause ou conséquence, la vieille balayeuse, naturellement pliée en deux, n’a donc plus à se pencher.

On peut noter une réelle obsession pour le coup de balais. La moindre feuille morte, la moindre poussière ou crotte de nez, et c’est parti pour un coup. Ainsi, on peut voir des femmes balayer la cour pavée, l’entrée bétonnée, le carrelage ou le lino de la cuisine, comme le chemin en terre…

Enfin la technique, le geste est particulièrement remarquable. Tenu d’une main sur le côté, le coup de balais est donné d’arrière en avant, avec un petit mouvement de bascule particulièrement méticuleux. L’autre main est gardée dans le dos, pour le style ou l’équilibre.

C’est technique est vraiment un style en soit, auquel les locaux attachent un soin tout particulier et qui se transmet de mère en fille. Une grande tradition ouzbek qui traverse l’histoire de génération en génération.

Marchandage

Rien n’a de prix affiché. Un objet, un service, il faut demander le prix. La réponse est selon la tête du client : local ou touriste. Le prix touriste est souvent le double du local bien sûr, et le marchandage commence. Proposer moins de deux tiers de ce qui est demandé occasionnera une moue décontenancée. Cette mimique systématique devient rapidement comique, et est suivie d’une tirade sur la vie chère, la famille à nourrir… bref la misère, alors que toi touriste, t’es forcément blindé ! Il ne faut pas se laisser intimider et continuer à enfoncer le clou. Dix fois par jour, c’est épuisant. Mais c’est la règle.

« Dollar, euro, change money ? »

La monnaie locale, le sum à deux curiosités : le change au marché noire, et l’échelle de valeur.

Le change officiel dans les bureaux de change et banques est 1900 sum pour 1 USD, mais au marché noir, il est d’environ 2800 sum. Une variation de plus de 30% ! Le change se fait partout : dans les commerces, dans la rue, sur les marchés. Les touristes sont interpellés par la formule « dollar, euro, change money ? ». Peu de marchandage ici, ou à 50 sum près, le taux du marché noir est pour ainsi dire ‘officiel’. Ce qui est rigolo au début, mais rapidement fatigant, c’est que la plus grosse coupure est un billet de 1000 sum. Pour 10 dollar, on obtient 28000 sum, et 280000 pour 100 dollars… les transactions sont souvent par 10 de milliers, voire centaines pour des hébergements ou transports un peu longs… On passe donc un temps absolument dingue à compter et recompter les billets ! Et la chance de se tromper est grande ! On peut noter aussi une manière particulière de tenir et de compter les billets, qui se présente comme un art.

Alors bien sûr, on se demande pourquoi il n’y a pas de réévaluation monétaire, ou d’édition de billet de 2, 5, 10, voire 100 mille sum !? À l’échelle du pays, quelle serait l’économie réalisée si des millions de personnes ne perdaient pas autant de temps à compter et à recompter les biftons toute la journée… !?

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