L'un des quatre dragons gardant le pont traversant la Ljubljanica

Slovenia Ljubljana et bien plus encore…

Après un peu plus d’une heure trente, le bus s’arrête sur une petite place face a un bâtiment sur lequel sont inscrits les mots « Železniška Posta ». La Poste ? Non, peut-être plutôt une gare. Pas sûr. Il était annoncé deux heures de trajet de Trieste, je me réveille à peine, j’ai du mal à comprendre. Je vois les passagers s’affairer et nombreux descendent. J’échange un regard avec un jeune gars. “Ljubljana ?” Il acquiesce. Aussitôt descendu du bus, j’ai une sensation très agréable. La place de la gare est calme, mais vivante, spacieuse, il y a peu de véhicules et la verdure n’est pas loin. J’avais repéré sur un plan que la gare est quasiment dans le centre, mais cela ne ressemble pas à un centre-ville… Je me tourne et je vois le M de Méphistophélès (!). Je texte mon hôte Dašo pour le prévenir de mon arrivée, et je m’installe sur la terrasse, spacieuse et agréable du bar de la gare. « Lasko ». Deuxième sensation de bien-être.

Une rencontre

Dašo ne tarde pas à arriver sur son Vélib (les vélos en libre service sont les mêmes qu’à Paris! Cocori-De-co!) Troisième sensation de bien-être. Nous n’avions échangé que très peu de messages sur CouchSurfing.org, et je réaliserai un peu plus tard que je n’avais même pas lu son profil, mais le contact fut tout de suite agréable, et son anglais est parfait. Il s’installe, nous discutons, nous rigolons… et nous parlons Nietzsche… Il est étudiant en philosophie… 26 ans, slovène.

Nous marchons jusqu’à son appartement, je rencontre ses colocataires, nous buvons une bière sur le balcon. L’ambiance est décontractée, tout le monde est à l’aise. Il commence à faire nuit. Je commence à aimer Ljubljana, la Slovénie, et les Slovènes !

Dašo m’avait initialement annoncé ne pouvoir me recevoir qu’une nuit, car deux polonais couchsurfers devaient arriver le second soir. Ces derniers n’ayant pas donné de nouvelles, et présumant qu’ils ne viendraient pas, Dašo me propose de rester. J’annule donc, avec 100% de frais la nuit que j’avais réservée dans l’auberge de jeunesse.

Le lendemain, je dois regarder comment je vais me rendre à Budapest le jour d’après. Minimum 9 heures de train direct. Le plomb. Après une journée de train et bus de Florence à Ljubljana, je ne me sens pas d’enchaîner si rapidement. Et j’ai envie de profiter. Ce n’est finalement pas une nuit que je resterai chez Dašo, mais quatre !

Exploration de Ljubljana

Après un délicieux petit-déjeuner de produits locaux (miel et confiture notamment), nous sortons nous promener dans le centre. Ljubljana est une petite ville, et ma première impression était juste. Deux cent mille habitants, on peut tout faire à pied. Dašo me parle un peu d’histoire, de l’architecte Plečnik, de légendes et de dragons, dont on trouve des traces dans toute la ville. Les ruelles piétonnes du centre s’articulent autour d’une petite rivière, la Ljubljanića.

Les églises, les immeubles de trois ou quatre étages, les fontaines, les sculptures, tout est bien rénové et bien joli. Un peu trop peut-être, mais c’est très agréable.

Dašo me parle aussi un peu de lui. Il est originaire de la région appelée Prekmurje, dans l’est du pays, où l’on parle un dialecte très particulier. Il m’emmènera d’ailleurs déjeuner dans un restaurant qui sert des spécialités de sa région. Je me régale de bograč, dodoli et ajdova kaša (viande en sauce légère, boulettes de farines et pommes de terre, crème et oignons et graines de sarrasin). Nous nous remettons en chemin pour visiter le château, qui domine le cœur de la ville du haut de sa colline.

Nous déambulons encore dans les ruelles, et Dašo organise de retrouver des amis au parc Tivoli pour boire un verre. Nina, Roch sont avec leur fille Brna qui doit avoir quatre ou cinq ans, et leur petit dernier plus fraîchement sorti du four. Pendant qu’ils parlent slovène, je joue avec Brna à Cut the Rope sur Android, qui a au moins l’avantage de diminuer les inconvénients de la barrière de la langue… Le début de soirée passe, et nous la finirons posés dans un petit parc du centre. Allongés sur la pelouse à boire des bières dans la fraicheur du soir, dans l’ambiance des gens qui passent et de la musique lointaine des bars alentour, nous organisons la journée du lendemain… La vraie vie quoi…

Sortir de Ljubljana

Dašo est étudiant en philosophie, comme tous les étudiants, il a une vie très occupée, d’autant que la semaine prochaine il a des oraux… Pourtant il prend le temps pour bien s’occuper de moi, mais je sens aussi qu’il y prend du plaisir. C’est très appréciable.

Le lendemain, nous passons emprunter la voiture de son frère pour aller rejoindre les lacs dans les montagnes du nord-est : Bled et Bohinj. Une petite heure de route, sous la pluie, et nous arrivons au bord du lac de Bled d’où nous apercevons son château perché sur la falaise, et une petite église prisonnière sur une île… nous faisons tranquillement le tour du lac à pied, finissons par nous installer pour déguster la pâtisserie locale : Blejska rezina. C’est comme un mille-feuille, mais très léger : une fine pâte feuilletée, et de la crème légèrement vanillée. C’est frais, c’est bon !

Puis nous reprenons la route pour rejoindre le lac de Bohinj, et enfin la cascade de Slavica. Pour l’admirer, il faut marcher dans la dense forêt pendant une vingtaine de minutes. La marche est très agréable, la cascade assez jolie, et la vue sur la vallée avec le lac en contrebas est magnifique !
Rentrés tard à Ljubljana, nous passons en fin de soirée voir Laura, une amie de Dašo. J’étais curieux de découvrir la musique locale, et les deux compères m’ont arrosé d’une pluie de tubes slovènes d’un folklore chaloupé à une pop endiablée, et c’est dire… retrouver le meilleur sur mon article Playlist Slovène.

Flânerie slovène

Le dernier jour je laisse Dašo assez tôt pour prendre un moment pour moi. J’aime mes moments de solitude, de méditation ou simplement de contemplation. J’aime aussi être voué à moi-même dans un environnement inconnu. Cela m’aide à mieux appréhender l’espace, les gens, et les modes de vie, et à mieux me repéré. Je pars donc me balader dans Ljubljana, enregistrer les douze coup de midi de l’église du centre. Dašo ne tardera pas à me rejoindre néanmoins car il doit passer à la bibliothèque de son université, et j’adore les universités ! C’est une fascination un peu candide pour le savoir et la connaissance de la part de quelqu’un qui n’a jamais fait d’étude, et qui en garde un éternel complexe.

Pendant que mon ami cherche ses livres, je flâne dans l’université.

Nous allons ensuite déjeuner dans un petit resto dans un jardin derrière l’université. Il n’y a pas de restaurant universitaire, mais les étudiants sont subventionnés par l’état pour leur déjeuner au restaurant, ou même pour la livraison à domicile. Une sorte de « ticket restaurant » mais avec identification par l’iPhone. C’est très impressionnant.

Nous finirons l’après-midi par une balade dans d’autres quartier de Ljubjana, et au bord de la rivière.

Metelkova Mesto

C’est vendredi. Dašo me propose d’aller passer la soirée à Metelkova Mesto. C’est une petite ville (Mesto) dans la ville. Un peu comme Christana à Copenhague. Un squatte d’artistes, salles de concert, bar, et une auberge de jeunesse célèbre qui est une ancienne prison, dont les cellules ont été transformées en dortoir. L’ambiance y est très agréable, beaucoup de gens dehors picolent, discutent dans ce cadre un peu déglingué, tagué de partout, et jonché de sculptures loufoques faites à partir de matériaux de récupération comme un arrosoir ou une balançoire…

C’est un peu magique, mais il se met assez vite à pleuvoir, et, rejoints par Blanca, la colocataire, nous rentrons doucement à la maison, en passant se gaver d’une dernière spécialité locale dans un des nombreux fast-food qui ne ferment jamais autour de la gare : une galette, qui ressemble à priori à un Quoing Amman. C’est salé, très salé même, avec jambon, fromage, oignon, poivrons, champoignon. C’est aussi très gras, et très lourd. Nous roulons jusqu’à l’appartement pour nous effondré au lit.

Le jour du départ est arrivé. Je serais bien resté une semaine de plus… sur cette partie du voyage, je suis obligé d’avancer, j’ai des impératifs de dates à cause des visas et un rendez-vous à Tashkent le 20 juillet avec Anne-Cécile, il ne faut pas que je sois en retard. Dašo m’accompage à la gare, ou nous nous jurons de nous revoir, comme toutes ces rencontres de vacances, et les contacts agréables qui sont fait par Couchsurfing. Néanmoins, cette fois, j’ai l’impression qu’on se reverra bientôt, vraiment.

Ljubljana a beau être une petite ville, c’est impressionnant de voir le nombre de bars et fast-food ouverts 24h/24 ! N’a-t-on vraiment rien compris en France ? Je me souviens encore de Grenoble, ou c’est déjà un défi de trouver un bar ou un snack ouvert le dimanche… ! Ce qu’il est agréable aussi de constater, c’est que même si McDonald’s a vaincu les dragons pour s’installer dans la capitale Slovène, les autres bulldozers de la malbouffe ou toutes les enseignes qui se sont juré d’uniformiser toutes les rues du monde entier ne sont pas présentes, et c’est un soulagement énorme. Pas de Starbucks ni Subway, pas de H&M ni Tesco… pourvu que ça dure !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


9 × one =

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>